ANDRÉSY: UN VILLAGE CHARGÉ D’HISTOIRE

Venue de Jules César dans la région, au 1er siècle avant Jésus-Christ

Les Romains, qui occupaient la Gaule depuis l’an 58 avant Jésus-Christ, installèrent, sous le nom de Classis Anderitianorum, une fl otte pour surveiller le confl uent de la Seine et de l’Oise contre l’invasion d’étrangers. Cette escadre des Andéritiens subsistera longtemps, à tel point que ceux-ci s’établirent à un kilomètre en aval et donnèrent leur nom à l’agglomération constituée par leur camp. Ainsi naquit Undresiacum qui deviendra successivement Andresiacum, Anderita et... Andrésy (Étymologie possible : du gaulois - aride : grand et ritu : gué).

Bien qu’aucun écrit ne l’atteste, mais d’après une tradition tenace, Jules César, général romain qui à cette époque combat en Gaule, aurait également établi un camp sur les hauteurs de l’Hautil. Ne reste-t-il pas, dans l’Hautil, des traces d’un camp nommé « le Camp de César » ?

 Les troupes logées à Andrésy étaient en rapport constant avec le préfet de Lutèce, une liaison administrative expliquant peut-être la dépendance civile et ecclésiastique ultérieure sous laquelle sera tenu Andrésy.

Don de la terre d’Andrésy

Clovis, par un acte royal daté de l’an 500, fait don de la terre d’Andrésy à l’évêché de Paris, qui en assurera dès lors sécurité et protection. Cette donation a été confi rmée six fois, de Charlemagne (780) à Charles VII en 1433.

L’église Saint-Germain-de-Paris

Cette église est dédiée à saint Germain, évêque de Paris au VIe siècle. Sa construction commence au XIIIe siècle. Constituée à l’origine d’une nef avec un seul bas-côté, son élévation comprend un triforium (galerie ménagée au-dessus des bas-côtés d’une nef d’église) aux colonnes cylindriques basses et surmontées de chapiteaux ornés de feuilles aquatiques et de deux rangs de crochets. Elles supportent des faisceaux de trois colonnettes annelées au niveau de la moulure qui court sur le triforium. Sous François 1er (roi de 1515 à 1547), la nef et son unique bascôté sont complétés par la chapelle de la Vierge, don d’une abbesse dont la famille habitait Andrésy. Les deux colonnes extrêmes de la nef portent la marque de ce roi : une salamandre surmontée d’une couronne royale. L’église renferme entre autres chefs d’oeuvres, quatre vitraux de la Renaissance (classés Monuments historiques) dont Le Festin du mauvais riche, quelques tableaux dont L’Adoration des bergers (classé) peint vers 1650 par Lubin Baugin (vers 1612-1663) ainsi que Le Christ et la veuve de Naïm peint par un inconnu au XVIIe siècle. Également remarquable, l’orgue construit entre 1860 et 1880 et sur lequel la tradition rapporte que Charles Gounod (1818- 1893) a joué. Cet orgue a été entièrement restauré et inauguré en 1991 par Marie-Claire Alain.

La famille de l’Isle et l’histoire de son château

Vers 1477, une famille apparaît dans l’histoire d’Andrésy : les de L’Isle qui auraient possédé un château à l’emplacement du centre culturel Saint-Exupéry. En 1667, l’un de ses descendants, Joachim de l’Isle, doit quitter sa propriété d’Andrésy grevée d’hypothèques. Michel Leteiller, marquis de Louvois, ministre de Louis XIV et le chapitre de Paris s’associent alors pour l’acquérir : Louvois règle 63 000 livres et le chapitre, 40 000 livres. En 1775, le domaine devient propriété de la famille de Bourbon-Condé puis, en 1779, de la princesse Marie-Charlotte de Rohan-Bourbon avant d’échoir à Marie-Louise de Rohan-Soubise, comtesse de Marsan, gouvernante des Enfants de France.

Presque entièrement détruit à la fi n du XVIIIe siècle, le château ne fut réédifi é que vers 1820 en maison de camcampagne. Transformée un temps en manufacture d’articles de Paris, cette résidence est acquise par la municipalité en 1873 pour y installer la mairie, les services communaux, l’école de garçons puis en 1888, l’école de filles. L’achat de la mairie actuelle en 1948 libéra cette bâtisse qui abrite désormais le centre culturel Saint-Exupéry. Le centre culturel Saint-Exupéry est installé dans l’ancienne mairie, place du 8 mai 1945.

Un bourg féodal important

 Andrésy devient, pour l’époque, un bourg féodal important : on le trouve en effet dans la liste des lieux où il est dû un droit de gîte pour le roi. De petites fortifi cations y sont élevées dont le souvenir n’est aujourd’hui perpétué que par l’existence de l’impasse du Fort à l’angle de la rue des Courcieux et de la rue de l’Église. En cette période du Moyen Age, quatre portes principales, où se tenaient des corps de garde, fermaient le village, telle celle, dite royale, détruite en 1795 et dont on peut encore voir les vestiges restaurés à l’angle de la rue de l’Eglise et du boulevard Noël- Marc. D’autres portes non gardées étaient fermées le soir par les habitants afin d’éviter non seulement l’entrée de pillards mais aussi des loups et des sangliers.

Le manoir de Denouval

Construit entre 1904 et 1908 par Pierre Sardou, fils du dramaturge Victorien Sardou, sur un terrain appartenant à une riche Américaine Sarah Hershey Marsh, ce manoir a une histoire singulière. Après le décès de sa propriétaire, en 1911, il changea plusieurs fois de propriétaires.

De 1945 à 1949, le manoir devient la propriété de « l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide » organisme qui s’occupait de recueillir à Andrésy, Arcueil, Montreuil et Le Raincy, les orphelins juifs dont les parents avaient disparu ou étaient décédés en déportation. Près de deux cents enfants de 5 à 13 ans y séjournèrent. Le peintre Marc Chagall, ému par le sort de ces enfants, leur rendit visite au Manoir.

 En 1953, cette propriété est vendue et devient, jusqu’en 1968, le grand séminaire des pères salésiens de Dom Bosco. Il est ensuite loti pour devenir « la Résidence du Manoir de Denouval. »

Quelques personnalités ayant séjourné ou vécu à Andrésy. 

Le Général d’Empire Louis LEPIC,

la Belle OTERO,

Marcel ALLAIN,

Julien GREEN,

Lise et George DELAMARE, MOULOUDJI,

la famille GAUMONT, Joséphine BAKER,

Ivry GITLIS,

Guy de MAUPASSANT, Paul FORT et

Maurice LEBLANC

Le blason d’Andrésy date de 1948

« De gueules à la galère antique d’or équipée d’argent voguant sur les ondes du même, au chef d’azur chargé de deux crosses adossées d’argent mouvant de la partition, accostées de deux fleurs de lys d’or. L’écu timbré de la couronne murale d’or à trois tours ». La galère antique rappelle que les Romains avaient installé au confluent de la Seine et de l’Oise une flotte, la « classis anderitianorum ». Les fleurs de lys et les crosses sont en souvenir de la possession des terres d’Andrésy par le chapitre de Notre-Dame de Paris de 829 à 1789.

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