Enserré dans de douces collines,ce village est essentiellement agricole et sa création remonte au début du 12e siècle, les habitants y jouissant alors de pâturages communaux.

Le premier acte qui nous soit parvenu et qui est authentique faisant mention de GAILLON, se trouve dans les libéralités attribuées par Dom ESTIENNOT au Gouvernement de Thibault 1er abbé de Saint-Martin de Pontoise par DREUX de GAILLON.

Le Chapitre de l’église collégiale de Saint-Mellon de PONTOISE possédait dès 1122, la terre de GAILLON. Il y avait droit de justice, haute moyenne et basse et y jouissait des droits de cens, rentes, corvées, champarts, avec pouvoir d’y établir des prévôts, baillis et procureurs fiscaux.

En mars 1220, Roger, sénéchal de Meulan, cède à Simon d’Aubergenville son droit de péage dans la paroisse de Gaillon moyennant une paire d’éperons dorés de redevance à chaque mutation. Vers 1250, un Pierre de GAILLON tenait du roi 12 sols de cens ainsi que 6 setiers de blé au GASTINE de RUVALIAM. En 1363, la seigneurie de GAILLON passera dans les mains de Noble dame Ode Saint-Marin (collection Lévrier BN).

Bernard de Théméricourt est, en 1390, le seigneur de GAILLON.

Puis arriveront :

GUILLAUME de SAINT SAUVEUR jusqu’en 1554, Pierre D’ESEMERY écuyer, sieur de SAUSSAY et GAILLON qui vendra la terre de GAILLON à Jacques de VION écuyer, seigneur de HUANVILLE, BECHEVILLE, CHAUDON et la FEE. Il était lieutenant pour le roi à Meulan, fils aîné de Guillaume de VION et de Marie des Fontaines.

Cette seigneurie comprenait des terres, un hôtel seigneurial et haute, moyenne et basse justice, moulin, pressoir et courtil, grange, étable et autres bâtiments servant à l’exploitation agricole, également un parc ceint de murailles, clos, mare et fossés à poissons, terres labourables, prés, vignes et bois, cens, rentes, dîmes, champarts à charge des droits féodaux et moyennant une somme de 13.000 écus d’or au soleil.

Foi et Hommage seront rendus au chapitre de l’église Saint-Mellon de Pontoise le 6 février 1584.

L’acte de fondation pieuse faite à Saint-Nicaise de Meulan par Vion d’Hérouval, nous donne la nécrologie de la famille VION

Le château et parc de GAILLON furent, pour la première fois demeure seigneuriale en 1583. Le château est d’architecture simple, composé uniquement d’un corps de bâtiment et d’une aile avancée sans moulure ni mascarons. De l’ancien château entouré de fossés, dont les angles flanqués de quatre pavillons donnaient à ce logis un aspect seigneurial, il ne subsiste plus qu’une infime partie.

L’église de GAILLON faisait autrefois partie de l’archevêché de Rouen et du doyenné de Magny en Vexin. Le droit de nommer à la cure appartenait à l’abbé de Saint-Père-en-Vallée. L’église Notre-Dame de GAILLON aurait été érigée en cure en 1145. C’est une église de style roman avec un clocher de pierre.

Si GAILLON possède un paysage essentiellement agricole, il n’en reste pas moins que c’est également le siège de plusieurs moulins qui, autrefois, tournaient à plein régime pour assurer subsistance aux habitants.

Le moulin de METZ ou Moulin GUILLEMET appartenait en 1848 à madame veuve LEMAOIRE. Le diamètre de sa roue est, à cette époque, de 4 mètres ! Une chute d’eau est aménagée en chute de 6 mètres pouvant alimenter deux roues, l’autre est beaucoup plus petite. Elle pouvait ainsi procurer une capacité d’écrasement de 60 à 70 quintaux de blé, seigle, orge, manioc et pulpe de pommes de terre.

La pulpe servait à la fabrication du carton-pâte pour la confection d’objets moulés, tels des poupées ou divers jouets. Le 17 mai 1911 ce moulin brûlera en partie. Il fonctionnera cependant jusqu’en 1967. Monsieur PELLETIER en était le dernier meunier de la Montcient entre 1934 et 1968.

Le moulin de MAUVIS se situait à 300 mètres du précédent et fonctionnait avec une roue à palettes d’un diamètre de deux mètres. En 1853, le sieur DELICE en est propriétaire, puis ce sera Paul RENARD qui en cessera l’exploitation pendant la guerre de 1914/1918.

Les lieux-dits de GAILLON sont nombreux et même s’ils ont perdu de leur intérêt géographique pour situer tel ou tel habitant alors que les noms de rues n’existaient peu ou pas, ils nous conservent malgré tout aujourd’hui, un certain aspect de ces terroirs dessinant le village.

Nous connaissons :

Les Férets, c’est un terme de minéralogie (hématite route) également de verrerie – c’est aussi une verge pour lever la matière et y ajouter les ornements – cependant il n’y avait pas de Verrerie à GAILLON – cela peut également provenir d’un simple patronyme ou peut être le lieu où se tenait autrefois un Maréchal Ferrant.

La grande pierre - Buisson de Rueil - Saudriot - La Blarue - La Beauce - Sous le clos des vignes - Bois Taillepieds - Sur les Moulins - Les pierreuses - Fond du Vigny - Persillers : (lieu de culture du persil sur des poteries percées de trous) Côte d’Arcueil - Bout de la ville - La Trentaine : dont le nom vient peut être de « trentain » durée de 30 jours consécutifs de Saint-Charlemagne à St Julien du Mans ou alors d’un terme de Jeux (aire de jeux du Moyen-âge) - C’est aussi un terme en usage de jeu de paume pour marquer que les joueurs ont chacun 30 points.

Nous le constatons si nous faisions aujourd’hui le tour du village, il y a fort à parier que nous retrouverions ces lieux, tels qu’ils se présentaient au 19e siècle avec ses vieilles demeures ancestrales, ses jardins cachés derrière les hauts murs de ces maisons et les histoires contées au coin de l’âtre, le soir, par quelques anciens voulant faire frémir les plus jeunes.

LES ARMOIRIES : Gaillon sur Montcient ne possède pas d’armoiries à proprement parlé. Le village dépendant de seigneuries n’a jamais fait l’objet d’une inscription au grand armorial des villes de France et ne conserve que celles de ses seigneurs tout puissants comme les de VION à qui nous devons ces armoiries : « De gueules à trois aigles d’argent becquées et membrées d’or, armes que nous retrouvons d’ailleurs gravées dans certaines églises de la région et en celle de Gaillon symbolisant les lieux de sépultures des seigneurs de ce nom.

 

Armoiries de la famille VION anciens seigneurs de GAILLON

« C’est en l’année 1116, en effet que l’existence de la seigneurie de GAILLON se trouve authentiquement constatée par un diplôme de l’abbaye de Saint-Martin de Pontoise. Ce n’est seulement qu’à dater de l’année 1583 que le passé de cette seigneurie apparaît d’une façon précise.

« Par un contrat passé devant Me LE CAMUS et DESMOTS, Notaires à PARIS le 10 Xbre (décembre) 1583, Pierre d’EMERY escuyer Sieur de SAUSSAY et de GAILLON, vendit à Jacques de VION seigneur de BECHEVILLE, de la FEE et des MUREAUX, les terres et le domaine du dit GAILLON consistant en un « hostel seigneurial », haute, moyenne et basse Justice, moulin, pressoir, courtil, grange, étable et autres édifices, parc circuit de murailles, clos séparé dudit parc, mare et fossés à poissons, cens, rentes, dîmes, champarts, terres labourables, prés, vignobles et bois, le tout à la charge des droits seigneuriaux et féodaux et, en outre moyennant la somme de 13000 écus d’or au soleil. Cette seigneurie était mouvante de l’église Saint-Mellon de Pontoise. Monsieur de VION lui en rendit foi et hommage le 6 février de l’année suivante.

Le marquis de VION, dernier seigneur de Gaillon, remit tous ses titres à la Révolution sur la réquisition qui lui en fut faite, avec assez de brutalité, mais qu’il accepta avec beaucoup de philosophie. Ils furent transportés à la maison commune et enfermés dans une armoire. Le marquis fut arrêté le 9 avril (20 germinal an III) 1793, mais, devant sa fragilité – il était très malade – les délégués de la Convention le relâchèrent et se contentèrent d’apposer les scellés sur sa demeure ancestrale à condition qu’il ne quitte pas le village. Il obtempéra.

En 1728, GAILLON comptait 57 feux soit 177 habitants. La population en 1928 était encore de 273 habitants, aujourd’hui le village garde toujours sa vocation rurale et compte plus de 600 âmes. Si Gaillon sur Montcient n’a toujours pas de blason qui lui soit propre, il n’en reste pas moins vrai que la commune s’est enrichie en 2011, d’un logo bien spécifique rappelant ses origines agricoles et surtout ses moulins de la Montcient qui ont, au cours des siècles rempli, allègrement, leur devoirs au moyen de leur roue à aubes actionnés par la petite rivière à laquelle le village doit son nom.

Madeleine ARNOLD TETARD

Sources : HISTOIRE DU MANTOIS – Villages du Vexin et du Mantois même auteur

Famille de Vion : étude de l’auteur avec monsieur Jean Marc de Vion de Gaillon (1992/2012)

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