L’EGLISE DE GIVERNY RESTAUREE

Après trois années de travaux, l’église Sainte-Radegonde de Giverny a rouvert ses portes au culte et aux touristes de passage.

D’importants travaux ont été réalisés, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Réel élément du patrimoine Givernois, ce bâtiment a réservé et révélé quelques surprises au cours de sa restauration.

Datation périlleuse

De quand date précisément l’église Sainte-Radegonde ? Il est très périlleux de répondre à cette question. L’église montre une succession de périodes de construction, les plus anciennes restant les plus difficiles à dater. Aucune fouille sérieuse n’a pu être menée sous les soubassements du chœur, qui aurait potentiellement permis de trouver un indice de type monétaire ou funéraire très informatif sur la question. Architecturalement, les piles et l’arc du chœur liturgique sont certainement de style pré-roman (synthèse de romain, wisigothique et de mérovingien) ou de manière moins précise du haut Moyen-âge, qui s’étale de l’an 500 à l’an 987. Ces piles et cet arc sont en grès, matériau plus solide mais plus rare à Giverny que le calcaire habituellement utilisé pour bâtir.

Une analyse pétrographique fine permettrait d’en définir la provenance. Le décor frustre des deux chapiteaux soutenant l’arc du chœur et celui des deux colonnettes doubles qui ont été déplacées de longue date dans la nef au pied des colonnes du transept évoque des dessins mérovingiens anciens, voire wisigothiques. Tout cela donnerait onze siècles d’âge aux prémisses ce cette petite église, qui a dû connaître de multiples formes et bien des vicissitudes au cours des siècles. L’église est correctement orientée, c’est à dire le chevet vers le levant, en forme de croix latine et de type normand, avec clocher au-dessus du transept.

Le chœur liturgique avec sa voûte en cul-de-four et son abside présente une belle unité de construction. C’est la partie la plus ancienne de l’église, et elle a été assurément remaniée. Le chevet présentait autrefois plusieurs ouvertures qui ont été comblées ultérieurement.

LES TRAVAUX

Après un état des lieux mené par Monsieur Dewulf, l’architecte du chantier, et les différents corps de métiers, les ouvriers et compagnons se sont attaqués au clocher. Très abîmé en 1944, il présentait des défaillances structurelles et une usure de la charpente conséquente. Les couvreurs sont ensuite entrés en action, pendant que les maçons travaillaient au remplacement des pierres et à la réfection de la façade Ouest, avant de procéder à la pose des enduits sur les murs extérieurs de la nef et du chevet.

La troisième et dernière phase a concerné l’intérieur de l’église. La dépose des lambris de la voûte de la nef a révélé pour un temps une magnifique charpente du XVIe siècle, en bon état. Les murs ont été nettoyés, les pierres des voûtes allégées de leurs anciens badigeons.

C’est alors que l’équipe des restaurateurs de décors peints est arrivée sur le chantier pour procéder à une série de sondages. Ceux-ci se sont avérés fructueux et on permit d’envisager la restauration de la chapelle dite de la Vierge, de l’abside dans sa totalité et de la voûte du transept. La chapelle de la Vierge a révélé un décor peint très inattendu, avec des traces d’un ancien décor (une mandorle mariale sans doute), entouré d’un ciel parsemé de fleurs de lys d’or et d’angelots, remanié au XVIe pour qu’y soit

creusée une niche qui abrite une statue de la Vierge à l’enfant datant du XVe. Dans l’abside, l’arc majeur le plus ancien a retrouvé sa pigmentation brun-prune et les décors tardifs XIXe (dont le ciel de l’abside) ont étés rafraîchis. Enfin la voûte du transept a révélé quand à elle un décor à la fresque fait d’entrelacs rouge cramoisi qui évoque un esprit italien, que les restaurateurs estiment dater fin XVIe début XVIIe siècle. Des traces d’un décor très usé et peu lisible apparaissent. Il pourrait s’agir des symboles attribués aux quatre évangélistes, le panneau central portant ce que l’on croit deviner être une colombe en vol, symbole du Saint Esprit...

Sur le mur de la chapelle nord a été mis au jour une litre funéraire, portant les armoiries d’un seigneur Le Lorier, famille noble ayant vécu à Giverny à la fin du XVIIIe siècle.

Ces travaux de restauration des décors peints et des fresques de l’église ont été rendus possibles grâce au mécénat de la Versailles Foundation.

LE CLASSEMENT DU BATIMENT

La protection de l’église Sainte-Radegonde au titre des monuments historiques a été menée en plusieurs étapes : dès 1908, G.Ruprich-Robert, architecte en chef des Monuments Historiques, proposait le classement de l’édifice, remarquant que l’intérêt de ce monument résidait principalement dans l’abside romane et dans le bas-côté sud avec son « pignon à la normande… ».

La protection du 26 décembre 1927 ne concerna que l’abside et le pignon sud. Le regard posé aujourd’hui sur l’édifice a évolué et nous sommes davantage sensibles à son homogénéité, (Xe-XVe siècles), tout en soulignant l’intérêt de la nef, en grande partie du XIIe siècle.

En 2008, le service DRAC-CRMH de Haute Normandie a proposé de modifier la protection de l’église Sainte-Radegonde par une inscription au titre des Monuments Historiques en totalité, ce qui est maintenant effectif, via l’arrêté

Source : Extrait du bulletin municipal Giverny 2010 avec l’aimable autorisation d’Hervé Rivoalland

Photos Hervé Rivoalland et Christian Tétard pris en ce sens par Monsieur le Préfet de Région le 16 avril 2009.

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