MAULE ET SON HISTOIRE

Maule est une cité établie au creux d’une vallée humide, celle de la Mauldre. Son nom trouve son origine dans le gaulois «mantola», « voie d’accès protégée » et celle de la Mauldre serait « mantolaara », « rivière du chemin ». L’histoire de Maule, très ancienne, trouve ses références dans de nombreux outils et armes en silex, parfois vieux de 300 000 ans heureusement conservés au musée Victor Aubert, situé dans l’ancien prieuré à Maule.

Hommes préhistoriques, migrants puis sédentaires, ont établi des voies de communication. Gaulois en pays carnute, puis Gallo-romains ont laissé des vestiges tels que : le célèbre pierre autel gallo-romain, un buste antique, des monnaies, tuiles, poteries diverses…, vestiges trouvés et conservés à Maule. Invasions barbares et saccages divers précédent la grande époque mérovingienne attestée par le cimetière, découverte importante faite au lieudit Pousse Motte. C’est aussi le temps d’une première église mérovingienne à Maule en 545, là où préexistait un temple gallo-romain à Jupiter.

Plus tard, l’histoire de Maule en pays de Madrie nous est connue grâce à l’abbé Irminon de Saint-Germain des Prés qui décrit en détails, vers l’an 800, ce qu’était Maule, les activités du pays, sa population faite d’agriculteurs, de serfs et d’artisans. C’est l’époque carolingienne, 782-987, à l’issue de laquelle un baron de Maule de la famille des Le Riche fait allégeance au roi Hugues Capet. Désormais les barons de Maule répondront directement du roi de France.

En 1066, un fils cadet de Pierre 1er, baron de Maule, marche avec Guillaume le Conquérant dans sa conquête de l’Angleterre Ce cadet y fait souche. Il existe encore, en Écosse notamment, des descendants des barons de Maule et plus spécialement à Carnoustie, ville jumelée avec Maule depuis 1992. En 1076, le seigneur de Maule fait appel à des moines bénédictins normands de Saint-Evroult qui établissent un prieuré attenant à l’église qu’ils agrandissent. De ce prieuré, il reste une magnifique salle basse avec pilier central (XIIIe siècle) et des bâtiments qui abritent le musée. Après la donation du baron de Maule, les moines œuvrent à la mise en valeur de la baronnie. Puis, au XIIe siècle, sur ordre de Louis VI le Gros, le vieux château et les remparts sont démantelés.

A l’issue d’une période de paix, épidémies et guerres ravagent le pays : la peste de 1348, l’invasion anglo-navarraise en 1357 au cours de laquelle Maule est saccagé. Le cimetière actuel établi autour de la chapelle Saint-Jacques (XIIIe siècle) fut alors un lieu de sépultures. C’est grâce l’intervention de du Guesclin en 1359 que Maule réintègre le royaume de France, Mais en 1419, nouvelle occupation anglaise, Henri V d’Angleterre reprend Maule. Ce n’est qu’en 1450 que Maule revient à la France.

En 1625, le vieux château reconstruit est démantelé suite à un édit de Louis XIII. C’est l’époque où d’autres guerres de religion contribuent à de nouveaux saccages, temps fratricides auxquels succède la Renaissance. Grande époque pour Maule qui se restructure alors. La Renaissance est une période importante pour Maule. La branche des Maule était passée aux Morainvillier en 1398, puis en 1544 à la riche famille de Harlay. De grandes bâtisses s’édifient. En 1528, Guillaume de Morainvillier entreprend la construction de la tour de l’église que son gendre Robert de Harlay terminera en 1547.

Cette tour Renaissance est caractéristique du panorama de Maule. Nicolas Harlay de Sancy, propriétaire du fameux diamant du même nom, surintendant des Finances de Henri IV entreprend la construction du château au lieudit le bout d’Agnou. Le château restera inachevé. Il n’en subsiste qu’une aile jouxtant le magnifique colombier de 3 200 cases La prospérité revenue, foires et marchés se tiennent régulièrement dans la cité. En 1528, un édit de François 1er confirme dans ses droits un marché qui depuis lors se tient toujours le samedi.

En 1720, James Maule d’Ecosse et ses compagnons quittent son château de Panmure (territoire de Carnoustie), rejoignant les Stuarts dans leur exil au château de Saint-Germain en Laye. Ils visitent le pays de leurs ancêtres, Maule, sans omettre le fief traditionnellement réservé au cadet de la famille, le château de Pennemort et la chapelle Saint-Léonard et en font un précieux reportage.

A la Révolution Maule, au milieu d’un monde agricole situé au bout de la plaine de Versailles lié à la vie et à l’économie de ce château, compte 1400 habitants. C’est un point de rencontre animé par ses hostelleries, la présence d’artisans, de petits métiers de la terre mais aussi ceux qui traitent cuir et peaux, de gens de maison.

Au XIXe siècle, la vie agricole demeure grâce aux trois grandes fermes, anciennes propriétés seigneuriales mais aussi à des exploitations plus modestes situées au centre du bourg. Maule est aussi lieu de villégiature où rentiers et bourgeois s’installent. Les anciens moulins seigneuriaux se transforment petites industries et artisanat se développent, scierie, carrières, fonderie, tannerie, chapellerie... La plus célèbre est la fabrique de cannes ouvragées à la production importante qui étaient fabriquées par milliers Créée en 1874, elle fermera ses portes en 1936. Les voies de communication apparaissent insuffisantes. On crée le tramway de Maule à Versailles dès avant 1900, année de l’inauguration d’un chemin de fer avec gare dont l’architecture est un témoin de son époque. L’implantation du bourg de Maule ne se modifie guère. Certes les anciennes halles, installées en 1564 sur la place du marché, ancien glacis du vieux château médiéval, sont démolies en 1835. Mais en 1865 la nouvelle mairie est bâtie et on ceinture la ville d’un boulevard reprenant partiellement le tracé des anciens remparts après en avoir comblé les fossés.

Quelques grandes demeures bourgeoises s’ajoutent à celles existant déjà comme le château du Buat et celui de la Rolanderie, propriété un temps du sociologue Henri Lorin. En 1900, on crée une nouvelle rue, la rue Maurice Berteaux qui reliera le centre de Maule à la route départementale venant de Thoiry.

En 1954, Maule ne compte pas plus de 1830 habitants. C’est à partir de cette époque que vont se construire très progressivement de nouveaux quartiers sur la rive droite de la Mauldre. Cet apport, qui conduit à environ 6 000 habitants la population actuelle, a nécessité la construction d’écoles nouvelles et d’un collège (1974), de nombreux équipements sportifs et culturels.

Enfin, comment ne pas évoquer les armoiries de la ville qui relie le présent au passé. On y retrouve le blason des premiers barons, leur cri de guerre « Nul avant les Maule, » leur devise « Avec sagesse et courage » On y a ajouté les fortifications qui évoquent la ville mais aussi des gerbes de blé qui rappellent la vie agricole de la cité.

Marcel TREBOIT Président de l’ACIME

 Bibliographie : « Nos Ancêtres les Maulois, Chroniques du Pays de Mauldre » revue de l’ACIME.

Les barons de Maule d’Emile Réaux 1893 réédition en 1990 Ed Heligoland.

Voyage pittoresque à Maule 2010 Ed ACIME.

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A l’aube du XXIe siècle, Maule a su garder ce caractère de bourg avec ses deux places au pied de son église, de son musée et sa mairie, ses commerces et son marché, au creux d’une vallée aux coteaux boisés, sillon creusé au milieu de plaines agricoles. Elle garde, grâce aux villages qui l’entourent, l’attrait et le rayonnement d’autrefois ajouté à une écologie préservée.

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