MEULAN, SON ORIGINE, SON DEVENIR…

L’origine de Meulan se perd dans la nuit des temps. Déjà à la préhistoire son sol était occupé par des peuplades venues du Nord ainsi que des Celtes qui y bâtirent une cité lacustre. Cette occupation est attestée par les fouilles entreprises dans le sol de la commune qui mirent à jour des objets de la vie courante de nos premiers grands ancêtres. Ces peuples furent ensuite remplacés par des peuplades gauloises. La cité ne présentait pas l’aspect qu’elle a aujourd’hui. La Seine s’étendait très vaste, sa largeur la menait pratiquement à Fresnes (aujourd’hui Ecquevilly), et se trouvait parsemée de petites îles où se dressaient les cabanes de ces peuplades de pêcheurs cueilleurs.

Les romains colonisèrent la Gaule et dénationalisèrent les noms des villages et lui donnèrent son premier nom : LOCEYNIUS. Une vie gallo-romaine se développa sur le territoire de l’actuel THUN où seront retrouvés les restes d’un temple romain dédié à la déesse des moissons : « Cérès », ainsi qu’un agglomérat d’habitations faites de huttes et maisons en torchis. THUN exprime d’ailleurs en latin le sens d’une « villæ » qui symbolise le nom de « cité » en latin.

Ce lieu porta très longtemps d’ailleurs, le nom de NONCIENNES (nom ayant succédé au LOCEYNIUS romain et que Meulan portera dans les actes jusqu’au 17e siècle environ) et s’ouvrit à l’ère chrétienne avec l’élévation, plus tard, d’une petite chapelle dédiée à Saint-Hilaire sur l’emplacement de THUN et dont plusieurs pierres tombales furent retrouvées dans une propriété de l’avenue Thiers [datées du 14ème siècle], c’est dire si cette chapelle construite au début du 12ème siècle perdura dans le temps.

En l’an 725, Charles Martel rattacha la cité de LOCEYNIUS/NONCIENNES à sa couronne, qui devint l’un de ses nombreux comtés et à la tête duquel comté, il mit l’un de ses grands Officiers (Antrustion) ; ce tout premier comte de Meulan s’appelait Witram.

C’est lui qui fit édifier la toute première forteresse sur la colline Saint-Nicolas faite de torchis et entourée de rondins de bois ceinturant une tour, où le comte demeurait. A ce dernier, succèderont de nombreux comtes titulaires jusqu’à l’apparition au 10ème siècle des comtes héréditaires, dont le tout premier se nommera Galéran.

Meulan, comme toutes les villes bordant la Seine, rivière où remontèrent jusqu’à Paris les Vikings et autres barbares sur leurs drakkars, fut mise à feu et à sang et complètement ruinée comme beaucoup d’autres. Petit à petit le comté se releva de ses cendres et nos comtes héréditaires virent le jour. Ce ne sera qu’en 1204 que Philippe Auguste, mécontent de l’ascendance des comtes sur sa propre autorité, rattachera le comté de Meulan à sa couronne.

Rendons à César ce qui lui appartient et reconnaissons à nos comtes de Meulan, l’élévation de nombreux monuments, à commencer par les Ponts faits de pierre majestueux, constructions grandioses pour leur époque et dont l’un existe toujours : le petit pont appelé aussi « Le pont aux Perches » et l’ancien grand pont démoli en 1944 par les troupes alliées pour couper la route aux Allemands.

Le premier fut construit en 1150 et le second en 1240 mais avait été commencé sous le règne de Galéran II l’un des derniers comtes héréditaires de Meulan.

En 1590 en plein hiver, le nouveau roi Henri IV après avoir acquis la fidélité des habitants, arriva, sur son beau cheval blanc, mettre le siège sur la bonne vieille cité comtale contre Mayenne qu’il écrasa de toute l’ampleur de sa superbe et octroya à la ville restée fidèle au roi, sa nouvelle devise « REGI ET REGNO FIDELISSIMA » ce qui veut dire « LA VILLE LA PLUS FIDELE AU ROI ET AU ROYAUME »… et dispensa, la compagnie d’Arquebusiers de la ville qu’il avait augmentée d’une cinquantaine de militaires, de toute redevance et impôts dus à la couronne.

Cette devise octroyée par le bon roi Henri IV qui ainsi, sans doute, récompensait également la ville et surtout ses tanneurs dont l’industrie était plus que florissante à l’époque ! Ceux-ci lui avoir fait don de 40.000 écus d’or au Soleil afin que le roi puisse payer ses troupes après ses différentes guerres contre la Ligue, et tout cela nous permet également d’aborder l’histoire des Armoiries de la ville. Ajoutons cependant que les maîtres tanneurs furent, grâce à leur geste, anoblis et devinrent propriétaires de la terre de Lesseville près d’Aincourt (actuel Val d’Oise) et de nombreux autres fiefs dans Meulan dont le château de Thun.

LES ARMOIRIES DE MEULAN

Ce sceau, daté de 1188 représentant les 12 têtes des pairs ou échevins de la ville avec cette inscription : SIGILLUM COMMUNICE COMITIS DE MELLENTO sur l’avers et signifiant SCEAU DE LA COMMUNE ET COMTE DE MEULAN. Sur le revers se trouve l’effigie en buste du MAYEUR (maire) tenant un bâton de commandement avec cette inscription : SIGILLUM MAJORIS MELLENTI sceau du mayeur de Meulan. Sur chaque face de ce sceau de cire verte (dont l’original se trouve au PETIT CARAN, cabinet des médailles et sceaux et dont un copie se trouve à la mairie de Meulan), d’environ 3 pouces de diamètres (20 cm environ), se trouve une fleur de lys ainsi que sur le haut du bâton du Maire ; ce qui constate qu’à cette époque la commune [ou corps de ville] portait l’insigne royal et ceci se poursuivit encore pendant 135 années environ.

En 1320, il y eut réunion des corps constitutifs de la ville en une seule entité : le prévôt royal et maire ne furent plus qu’une seule et même personne et le sceau de la mairie fut le même le même que celui de la prévôté (instance de police communale), le scel et armoiries furent identiques.

Sources :

Archives Municipales de Meulan DIII

Registres délibérations

dossiers Histoire de la ville

et Archives départementales (fonds divers)

Ouvrages bibliographiques (même auteur) :

-Petite histoire des rues de Meulan

 M. Arnold-Tétard 1997 – éditions du Valhermeil –

-Histoire du Fort de Meulan – M. Arnold-Tétard 2006 – éditions M.A.T.

-Petite Histoire des édiles de Meulan – M. Arnold-Tétard 2008 – éditions M.A.T.

-Histoire de la vie religieuse de Meulan – M. Arnold-Tétard 2009 – éditions M.A.T.

Pour conclure cette succincte histoire de Meulan, [si vaste qu’elle a déjà fait l’objet de nombreux ouvrages], sachons que la Révolution ne fut qu’une formalité, à l’inverse de sa voisine : Vaux sur Seine où celle-ci se déroula très mal avec plusieurs de ses dirigeants passés par guillotine…

 Rien de semblable dans l’ancienne cité comtale, uniquement le changement des édiles de la Commune que les envoyés de la Convention Musset et Delacroix, dans un sursaut républicain, emmenèrent quelques jours à la Conciergerie mais qui furent relâchés très rapidement, sauf le maire Didier Challand qui restera emprisonné une année et regagnera sa commune sans dommage. Meulan entra alors dans une ère de tranquillité uniquement secouée par les guerres en devenir, 1870, 1914 qui lui fit perdre sur 700 mobilisés plus de 300 jeunes gens et hommes mobilisés et plusieurs malheureux civils et celle de 1939/1945 qui, elle aussi, lui fit payer un lourd tribut en vie humaine et de nombreuses ruines.

Depuis la ville s’est relevée comme toujours elle le fit, avec fierté et ténacité.


Madeleine ARNOLD TÉTARD ©

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