Vous avez dit Plaisir?

Plaisir, quel nom symbolique ! Penchons-nous un peu sur son histoire et faisons connaissance avec son patrimoine, modeste mais attachant.

Histoire

Juste avant notre ère, la tribu celte des Carnutes occupe une longue bande de terre, entre Loire et Seine, entre Orléans et Poissy. Leur capitale est Autricum, aujourd’hui Chartres. Ils ont développé l’agriculture et l’élevage. La conquête romaine ajoutera de nouveaux développements, essentiellement liés aux infrastructures : routes, ponts, aqueducs. Les incursions germaniques, à partir du IIIe siècle viendront perturber cette organisation, et peu à peu, les francs s’installent entre Rouen et la Seine. L’un de leurs chefs, Clovis crée un royaume, qui à partir de l’actuelle Belgique, couvre les territoires situés au nord de la Loire, avant l’expansion vers le sud-ouest et le sud-est. Des découvertes archéologiques confirment cette évolution à Plaisir.

D’aucuns disent que le nom de Plaisir vient du latin placere, plaire. En 775, la localité de Placinium est citée, et ce nom a poursuivi le chemin complexe qui conduit du latin au français. D’autres citent St Placidium. Et plus tard, le duc d’Orléans y aura ses « plaisirs » (ses chasses).

À l’époque de la féodalité, Plaisir est un fief du seigneur de Neauphle, lui-même vassal du comte de Meulan, inféodé au duc de Normandie. Et même si Philippe Auguste annexe à la France le Vexin français en 1204, il faudra attendre 1539, après un passage par le duché de Bretagne, pour voir détachée la châtellenie de Neauphle du comté de Monfort (sujet breton) et appartenir à la couronne royale.

À la Révolution, les biens ecclésiastiques sont rachetés. Le château également, le propriétaire ayant émigré.

Plaisir est resté un bourg rural, éclaté en quinze hameaux dispersés sur un vaste territoire, jusqu’au dernier quart du XXe siècle. En 1860, un décret impérial autorise la création d’un dépôt départemental de mendicité. Ouvert en 1862, sur le hameau « les petits prés », il est devenu l’actuel hôpital gériatrique, longtemps appelé du nom de ce hameau. En 1864, l’annuaire de Seine-et-Oise annonce 1112 habitants à Plaisir, après que le hameau de Villancy ait été attribué à la commune de Neauphle. À partir de 1950, toute la plaine de Versailles s’urbanise, et à Plaisir, de nombreux hameaux sont absorbés par la ville. La construction, dans les années 1970, de résidences d’immeubles et de « domaines », à l’américaine ou à la française, fera rapidement passer la population de 4 000 à 30 0000 habitants.

Le patrimoine naturel

Cette ville de banlieue parisienne a su garder son aspect de nature verdoyante : agriculture, forêts et espaces verts occupent la moitié de sa surface. La forêt de Ste Apolline (où l’on a découvert les fondations d’une chapelle dédiée à la sainte du même nom), la forêt domaniale de Bois d’Arcy, dont le bois de la Cranne est sur la commune de Plaisir, sont parcourus de chemins et sentiers de randonnées. Elles sont fréquentées également par les cavaliers et les chevreuils. Ces derniers s’arrêtent en même temps que le promeneur, favorisant des moments privilégiés d’observation mutuelle.

Un cours d’eau, le ru Maldroit traverse la ville. Il prend sa source à Trappes, traverse le parc du château, se divise dans la ville où il est en partie recouvert, et va se jeter dans la Mauldre, à Beynes. Outre celui du château, deux bassins offrent des aspects bien différents. Le plan d’eau du bois de la Cranne offre un paysage ouvert animé par de nombreuses espèces d’oiseaux sédentaires ou de passage, y compris des grèbes huppés, des oies et des cormorans. Le héron y passe volontiers, les mouettes aussi. Le « tour du lac » est une des promenades favorites des plaisirois. L’autre plan d’eau, caché dans la forêt de Ste Apolline, se fait discret. Sa découverte au cours d’une promenade vous surprend par son calme, un peu mélancolique. On dit que ce fut l’étang poissonneux, construit par et pour des moines, disparus depuis longtemps…

Le patrimoine bâti

Le vieux hameau de Plaisir comprenait traditionnellement : le château, l’église et le prieuré. Celui-ci, occupé autrefois par des bénédictins, fut reconstruit à la fin du XIXe siècle et abrite aujourd’hui la mairie..

Le château

Avec son parc boisé et sa pièce d’eau, le château (classé en 1961) a été acquis par la commune de Plaisir en 1976. Il a été bâti sous Louis XIII pour Jean Le Tellier, conseiller et médecin du roi. Les Le Tellier l’occuperont une centaine d’années, puis deux autres familles avant la révolution qui le verra vendre comme bien national. Les possesseurs ultérieurs seront les nouveaux notables de Plaisir, parmi d’autres gros propriétaires. À l’époque de sa construction, il ne comporte que le corps central, prolongé par une terrasse et illustre tout à fait le style Louis XIII. Les deux ailes seront ajoutées ultérieurement. Y sont situés, entre autres services, la bibliothèque et le conservatoire de musique de Plaisir. Ouvert au public, le parc abrite également un cercle hippique, dont les bêtes animent les prairies du lieu

L’église

D’emblée, on est séduit par l’aspect familier du clocher trapu et carré de l’église Saint-Pierre de Plaisir. Il ressemble aux clochers de nombreux villages de notre région, bâtis à la même époque, en vallée de Chevreuse par exemple. L’église va faire l’objet d’une très importante réfection. Ces travaux sont précédés de fouilles archéologiques préventives qui ont mis au jour des sépultures et des objets de culte intéressants. On espère y retrouver aussi une ancienne chapelle.

Sa construction remonte pour partie au XIIIe siècle, et s’est poursuivie de façon composite. Quelques bas-reliefs et statues sont « classés », rescapés des biens mobiliers d’église confisqués « au profit de la nation » en 1793.

Le bâti rural

Plusieurs superbes fermes dites « beauceronnes » sont situées dans les hameaux de Plaisir, dont la ferme du Buisson, sans doute antérieure à la date de 1637, inscrite sur une poutre. Celle des Ebisoires, pittoresque également, est insérée maintenant dans la ville. D’autres beaux bâtiments doivent être patiemment découverts, derrière de hauts portails parfois entrouverts. Trois anciens lavoirs ont fait l’objet d’une rénovation, dont celui du bois de la Cranne.

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Le blasonnement

Ce blason, créé après guerre et enregistré par la commission départementale d'héraldique de Seine-et-Oise, s'inspire d'un sceau utilisé par la municipalité de Plaisir pendant la Révolution. Les armes de Plaisir se blasonnent ainsi : "d'azur aux deux lions affrontés d'argent supportant en chef une fleur de lys d'or."

Ce blason traditionnel est actuellement remplacé par un logo moderne.

Notes et références de l'auteur Thérèse Babillot :

Jacques Levron, Robert Louis, Les armoiries des communes de Seine-et-Oise - tome II, Troyes, éditions La Renaissance, 1959.

Cet article doit beaucoup à Henri VIGOT, que je remercie, pour son ouvrage Plaisir, Des Carnutes aux Franciliens, Mairie de Plaisir, 1994, 282 p.

Notre territoire, La plaine de Versailles, la vallée de la Mauldre, le plateau des Alluets N°1.

Plaisir, article sur Wikipedia.org

Annuaire de Seine et Oise, Versailles, 1864, aux Archives Départementales (AD 78).

Connaître les Yvelines, N de 1985, 1987, 1991, aux AD 78, articles de Philippe Joubert.

Je remercie également le service culturel de la Mairie (Communication, DAC, Archives).

Blason dessiné par Henry Salomé, 2006, pour Wikipedia commons.

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