VÉTHEUIL… la belle et ses artistes

L’ombre de l’illustre Claude Monet (1840- 1926) plane sur Vétheuil, le «Paganini de l’Arc en ciel », comme on l’appelait familièrement, habita très longuement ce beau village avant de se fixer à Giverny où il décèdera. Pour ne citer qu’une de ses œuvres représentant le village, c’est « Le lever de soleil sur Vétheuil » que nous retiendrions.

Autre artiste ayant vécu dans ce village que l’art a touché de son aile: Henri Husson. D’origine lorraine, ce ferronnier d’art ciseleur vint habiter Vétheuil en 1887 où il exercera son métier. Ses œuvres nombreuses sont appréciées des amateurs. .

De tout temps de nombreux artistes, peintres, comme Mary Towsey, Alain Bruneau et Maryse Prévost immortalisèrent Vétheuil. Bien avant tous ces impressionnistes de l’art, le célèbre Israël Silvestre (1621-1691), nommé en 1662 dessinateur et graveur du roi Louis XIV, réalisa, entre autres, plusieurs eaux-fortes très recherchées aujourd’hui dont celle de l’église de Vétheuil datée de 1654.

Sans oublier les sculpteurs, ferronniers, ciseleurs et fleuristes qui en déposant leur bagage artistique sur Vétheuil on donné à ce petit bourg situé à une dizaine de kilomètres de Magny en Vexin, et tant apprécié des voyageurs, cette réputation à nulle autre pareille.

Église de Vétheuil par Israël Silvestre [1654] où l’on se rend compte que l’artiste a laissé une certaine liberté à l’interprétation de la réalité…

Parmi les artistes les plus connus installés à Vétheuil ou dans son environ proche, nous pouvons également citer Claude Henri Watelet (1718- 1786). Il marqua de son empreinte colorée la région de Vétheuil, ayant représenté, parmi d’autres œuvres, un « lavis en sépia » qu’il signera le 20 octobre 1773. Dans cette illustration de la côte qui rejoint la route de la Roche-Guyon (rue Abel Lauvray) on aperçoit une partie de l’église, le haut de la façade et le haut du clocher. Autre artiste, poète, moins connu que son illustre sœur : Louis Vigée (1758-1820) frère de la portraitiste (madame Vigée-Lebrun) de la reine Marie- Antoinette. Il s’exprimera sur Vétheuil tout en vers, et il en fit beaucoup, logé pour son séjour campagnard chez Monsieur et Madame Morin de la Sablonnière, rue des Fraîches Femmes, inspiré par le bord de Seine.

Charles Daubigny (1817-1878) laissa également sa palette exprimer Vétheuil. Pendant un séjour à l’auberge du « Cheval Blanc », sur la fin de sa vie, il peignit deux toiles « Les berges de Lavacourt » et « Une rue à Vétheuil ». Évoquons aussi Pierre Auguste Renoir (1841-1919) qui ajouta à ses oeuvres « Un paysage de Vétheuil » réalisé en 1890 conservé à la National Gallery of Art de Washington.

Avec Schoichi Haségawa, qui vit à Vétheuil depuis fort longtemps, c’est l’empire du Soleil Levant qui revient visiter les boucles de la Seine. Haségawa est à la fois graveur, peintre et aquarelliste. Il manie harmonieusement les techniques orientales traditionnelles.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, Joan Mitchell (1925-1992), une Américaine de Chicago s’installe à Vétheuil. Un Canadien de Montréal, Jean Paul Riopelle (1923-2002) fonde avec Borduas, au lendemain de la guerre, le mouvement automatiste. En 1968 il se lie à Joan Mitchell et vit à ses côtés pendant 24 ans. Riopelle mène une vie tumultueuse qui aura laissé des souvenirs pleins d’originalité et de tendresse aux Vétheuillais.

Il y a aussi Sergé Carré, peintre et sculpteur contemporain, qui sait créer une atmosphère envoûtante où les objets s’élèvent dans une sorte d’apesanteur. La place de la femme dans l’œuvre de Serge Carré est également importante. Elle ne témoigne pas seulement de la sensualité de l’artiste vis-à-vis du corps humain, mais surtout de sa démarche qui conduit à la source de ce mystère féminin que le peintre nous dévoile.


Le lecteur pourra se reporter à l’ouvrage de Monsieur Thierry Gardie, historien de Vétheuil : « Vétheuil et ses Artistes » venant de paraître (voir coordonnées en fin d’article) afin de se faire une plus ample idée de cette petite « planète » artistique qu’est le village de Vétheuil.

 Dès l’origine les « artisans » du paléolithique se sont révélés puisque furent retrouvées sur les coteaux du village et dans les Boves creusées dans les profondeurs des roches de nombreuses haches en silex, précieux indices d’une très haute antiquité pour ce village bâti aux confi ns de deux étroites vallées dans ce site pittoresque en bordure de la Seine.

Les anciens seigneurs de Vétheuil possédèrent ce fief jusqu’au XIVe siècle, la terre devint ensuite propriété des comtes et ducs de la Roche-Guyon. Vétheuil possédait un château fort, bâti au Xe siècle et dont on trouve mention dans un acte de 1067. Il eut à soutenir de nombreux sièges lors des incursions normandes puis pendant tout le Moyen-âge. Ce château protégé par plusieurs tours fut pris par Duguesclin en 1364. Henri V roi d’Angleterre s’en empara également peu de temps plus tard puis Vétheuil passera dans les mains de Guy le Bouteillier dont on parle dans l’histoire de la Roche-Guyon.

Vétheuil possédait aussi un hôpital connu sous la dénomination d’hospice Saint-Mathurin. On en trouve mention dans une bulle du pape Honorius IV en l’an 1297. Une léproserie Saint-Etienne fut également construite en bordure de route menant à la Roche-Guyon. En 1793 ce monument transformé en Hôtel Dieu dès 1660 cessera ses fonctions d’établissement religieux pour devenir une fabrique de laines puis une filature !

Parution Mai 2010,

Paru en 2006. 210 pages et bilingue.

Ouvrages en vente en librairie et par correspondance chez l’auteur : Thierry Gardie -

19, rue du Moutier

95510 Vétheuil -

Tel 01 34 78 13 08 thierry.gardie@orange.fr

L’église Notre-Dame de Vétheuil est à elle seule un des monuments les plus visités du village. Bâtie à mi-côte et placée sous l’invocation de la Sainte-Vierge, c’est une des plus belles de la contrée. Commencée en 1170 elle ne sera achevée qu’au début du XVIe siècle c’est dire la longueur des travaux d’embellissement ! Les portails sont du règne d’Henri IV et la nef et la sacristie furent construites dans la première moitié du règne de François 1er. On le constate plusieurs rois veillèrent à sa destinée. Le chœur est du début XIIIe. L’église possède un retable de la Passion en bois sculpté polychromé et doré et représente le Baiser de Judas, la Flagellation, le Portement de la Croix, le Calvaire, la Descente de la Croix, la Mise au tombeau, la Résurrection. C’est une œuvre d’art magistrale appartenant au dernier quart du XVe siècle.

De magnifiques statues ornent également cette église que l’on atteint par un escalier monumental à l’image de celui d’Auvers sur Oise. Le clocher date également du XIIIe siècle et l’on y monte par deux escaliers, le premier en forme de tourelle est du XVe et le second, taillé dans la masse, du XIIe siècle. Les contreforts gothiques primitifs très développés, soutenant le mur de l’abside, sont remarquables. Les vitraux par contre sont sans intérêt notoire et de facture moderne.

En 1259 se tint dans l’église de Vétheuil, convoqué par Eudes Rigaud archevêque du Vexin, le synode du Vexin français. Plusieurs confréries virent le jour à Vétheuil.

Promeneur si vos pas vous mènent jusqu’à Vétheuil, ne vous détournez pas, de nombreuses échoppes d’artisans, galeries d’artistes, vous y attendent. Vous ne serez pas déçus par tout l’éventail de leurs nombreux talents.

Madeleine Arnold Tétard

Avec l’aide de « Vétheuil et ses artistes » (pages 88 à 91)

de Thierry Gardie que nous remercions.

Autre source : Mantes et son arrondissement du Temps Paris V. Bourselet et H. Clérisse page 290 à 292 extraits.

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