VILLENNES SUR SEINE , du village agricole à la cité résidentielle des bords de la Seine

La seigneurie de Vilaines

L’hypothèse d’une villa gallo-romaine, qui aurait été à l'origine du nom du village de Vilaines (ou Villaine), n’a pas été confirmée. Un emplacement possible est le parc du château d'Acqueville, où ont été découverts des vestiges qui pourraient être de cette époque ou de celle des Mérovingiens. L'histoire de la Gaule puis celle de la France nous font imaginer la vie des paysans (les vilains) qui ont ensuite habité cette localité, les périodes de tranquillité alternant avec les années de famine, d'épidémies et de guerre.

La position de Vilaines au bord de la Seine lui fait subir les pillages de bandes armées et les assauts d'envahisseurs remontant son cours à différentes époques (Normands de 837 à 911, Anglais en 1346 au début de la Guerre de Cent Ans) ; la région est également le lieu de combats entre Anglais, Armagnacs et Bourguignons pendant cette guerre.


L'église Saint-Nicolas, l’une des plus anciennes de la région, est l'unique bâtiment restant de cette période : après la première église construite vraisemblablement en bois lors de la création de la paroisse en l'an 1007, elle est édifiée à partir de l'année 1082, dans le style roman, et remaniée plusieurs fois ensuite. Simple, petite, trapue, elle possède des vitraux intéressants et des chapiteaux remarquables.

A partir de la fi n du Moyen-Age, 14 seigneurs se succèdent jusqu'à la Révolution : Le Besgue de Vilaines, conseiller de Charles V (vers 1380), puis les familles Brinon, Perdrier et Bourdin, de petite naissance, alliées par plusieurs mariages. Jean de Brinon reçoit ses amis du groupe de la Pléiade ; l’un de ses fondateurs et maître de Pierre de Ronsard, Jean Dorat, écrit un poème en latin célébrant la fontaine pétrifi ante de Villanis (Villennes). Pendant le règne de Louis XIV, tous les habitants de Vilaines sont des paysans travaillant dans la ferme de Marolles ou celle de Beaulieu, appartenant au seigneur, des vignerons ou bien des plâtriers, des carriers.

Les nombreuses vignes seront une richesse de la commune jusque vers 1840 ; une maladie les fera vraisemblablement disparaître, avant l'épidémie de phylloxéra de la fi n du siècle et l'arrivée massive, par le chemin de fer, des vins du sud de la France. Les carrières de gypse et d'argile seront exploitées jusqu'en 1914, pour la fabrication artisanale de plâtre et de tuiles. Le logis seigneurial est, depuis la Renaissance, un beau château comprenant un grand parc, situé entre la Seine et le village.

Deux autres domaines voisins ont leur propre château : Hacqueville ou Acville (Acqueville), construit au XIIIe siècle et à la Renaissance, et Mignoz ou Mignot (Migneaux), dont l’un des propriétaires, garçon ordinaire de la Chambre du Roi Louis XIV, y expérimente un jardin paysager avant qu’il revienne sous le nom de parc à l’anglaise. Une ancienne jeune maîtresse du roi suivant, Marie Louise O’Murphy, en sera ultérieurement propriétaire. Le premier château existe toujours, l'autre ayant été malheureusement détruit.

La commune agricole de Villennes

L’ultime seigneur de Villennes, Pierre Paul Gilbert de Voisins, est guillotiné en novembre 1793, après son retour d'émigration. Bientôt, une maison commune, comprenant également l'école ainsi que les logements de l’instituteur et du curé, est établie dans l'ancienne maison des Sœurs de Nevers, auxquelles la mère de ce seigneur avait confi é, par testament, l'instruction des filles et les soins aux pauvres malades.

L'avènement du Consulat entraîne également des changements au plan local. Comme dans toutes les communes, un conseil municipal est nommé par le préfet ; les nobles émigrés reviennent dans leurs anciens domaines.

La fille de Pierre Paul Gilbert de Voisins et son époux, le vicomte d'Osmond, rachètent le château qui a été vendu comme bien national et est fortement délabré ; ils le font raser, à l'exception des communs, qu'ils transforment pour y habiter.

Ce nouveau château de Villennes aura ensuite d'autres propriétaires, dont le journaliste financier Jean Baptiste Paradis qui, en 1869, fera aménager le parc par le paysagiste du Bois de Boulogne, Louis Sulpice Varé. Celui-ci y construira, notamment, une magnifique grotte et une rivière anglaise, qui agrémentent toujours le village.

La ligne de chemin de fer Paris-Rouen qui, à l’origine, ne devait pas passer par la vallée de la Seine, est inaugurée en mai 1843, mais il faut attendre octobre de l'année suivante pour que trois trains s'arrêtent chaque jour à la halte de Villennes.

L'accroissement très important de sa fréquentation (environ deux cent mille voyageurs en 1896) nécessitera la construction d'une nouvelle gare, petite mais élégante, celle que les Villennois fréquentent toujours, inaugurée en mai 1911. Une place est alors créée pour lui donner accès

La station de tourisme, lieu de villégiature, puis la cité résidentielle

 Des Parisiens fortunés font construire une villa en rassemblant des parcelles agricoles ou à l'occasion des lotissements de plusieurs propriétés : le parc du château à partir de 1893, puis la prairie de la Nourrée, au début du siècle suivant. Parmi les propriétaires de ces nouvelles résidences, il y a de nombreux artistes, littérateurs, peintres et gens de théâtre, ainsi que des sportifs, des industriels et des professionnels du luxe et de la mode.

Dès la fin de la Première Guerre, les Parisiens reviennent nombreux à Villennes, dont la population d'un millier d'habitants double l'été. De nouvelles villas se construisent, après le lotissement du Bois des Falaises en 1908 puis celui de l'île de Villennes (une grande prairie où paissaient des bovins et des ovins) à partir de 1913. Cette année, la commune de Villennes- sur-Seine est classée comme station de tourisme, "en raison de la transformation complète de cette localité qui est devenue un centre de villégiature". Le canotage, la pêche et les baignades dans la Seine se développent et de nombreuses festivités (joutes nautiques, fête vénitienne…) sont organisées. Il y a alors plus de cent embarcations, certaines étant louées par la dizaine de restaurants dont les terrasses animent les bords du fleuve.

L'île de Platais, restée "naturelle" et accessible uniquement par bateau, accueille pendant la belle saison, à partir de 1927, une nouvelle population : elle est logée sous des toiles de tentes puis des bungalows en fibrociment dans le domaine naturiste de Physiopolis.

Dans les années 1950-1960, de nombreux Parisiens continuent à venir en villégiature à Villennes, notamment dans l’île ; certains sont bien connus : Marcel Bleustein-Blanchet, Marcel Dassault, Fred Samuel, Clément Blanc. L'Hostellerie de la Nourrée ainsi que les villas Marie-Rose et Louise cèdent bientôt la place à des résidences. Des immeubles sont construits sur des terrains proches de la ferme de Marolles, la seule qui maintient une petite activité. D’autres terres agricoles deviendront un golf, empêchant une urbanisation trop intense. De nouveaux habitants s'installent, de manière permanente, dans les villas et les anciennes maisons de vacances. Villennes- sur- Seine devient une cité résidentielle qui, toutefois, conserve le charme de son passé.

 Blason de la ville de Villennes-sur-Seine, inspiré des armoiries de Pierre Gilbert de Voisin, conseiller du Roi, président du Parlement, Marquis de Vilaines, Seigneur d'Orgeval, de Beaulieu, de Breteuil, de Médan et autres lieux. "D'azur à la croix d'argent engrelée et cantonnée d'un croissant d'or montant à dextre et à senestre, en chef et en pointe."

De nombreux détails et de multiples photographies anciennes peuvent être trouvés : - dans le livre "La mémoire de Villennes en marche – Balades et rencontres" (en vente à la mairie de Villennes, qui présente huit itinéraires de balades permettant de découvrir l’histoire du village et ses anciens habitants), - sur le site Internet, http://memoire.villennes.free.fr

Michel KOHN

ACV, la mémoire de Villennes

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